Le monde perdu

Résumé :

Si la ville est un endroit idéal pour faire des affaires plus ou moins honnêtes, la campagne est parfois l’endroit le plus sur pour se dissimuler, du moins le croit-on.
Jacques Tourneur situe l’action de son film LA GRIFFE DU PASSE (1947) dans un village nommé Bridgeport (pour l’anecdote il s’agit du village où Tourneur allait pêcher la truite) où va se dérouler l’histoire tourmentée de 3 personnages interprétés par Robert Mitchum, Kirk Douglas et Jane Greer. Maîtrisé de bout en bout, ce film sombre fait d’un apparent havre de paix un lieu d’expiation pour des voleurs qui seront rattrapés par leur passé.
Un peu comme Harry Madox (Don Johnson) dans le jouissif HOT SPOT (1990) de Dennis Hopper, qui lutte contre la chaleur et son attrait pour les femmes. Cette adaptation d’un roman de Charles Williams brosse une belle galerie de tordus, du bouseux passé maître dans l’art du chantage à la garce nymphomane. Un lieu de perdition dans le sud des Etats-Unis où il ne fait pas bon se réfugier. 

C’est également l’expérience que fait James Belushi dans le trépidant FAUSSE DONNE (1999) de Louis Morneau. Mélangeant habilement le polar rural et le Buddy-Movie, le cinéaste réalise une série B violente qui voit le héros essayer de sauver sa vie dans une campagne plus que dangereuse. Paradoxe suprême, son pire ennemi n’est pas le truand à qui il a volé 12 millions de $ mais un shérif abject interprété par le talentueux Timothy Dalton. Ce personnage montre que l’ordre rural n’est pas de tout repos, surtout quand ses représentants modèlent la justice à leur goût.