Wild Wild West - La loi de la haine

Résumé :

Les policiers interprétés par Frances McDormand dans FARGO (1996) et Joe Don Baker dans JUSTICE SAUVAGE (1973) n’ont qu’un même but : faire respecter la loi, et ce même si les méthodes divergent sensiblement entre les Frères Coen et Phil Karlson.

Dans LA POURSUITE IMPITOYABLE (1965), Arthur Penn utilise les symboles ruraux pour mettre à jour les mécanismes de soumission sociale dans une bourgade du sud profond.
Seule la loi et ce à travers ses représentants, constitue le rempart face au côté obscur de chaque être humain. Mais dans certains films, les représentants de cet ordre rural sont montrés comme de véritables ordures corrompues qui utilisent leurs fonctions pour assujettir les citoyens, comme c’est le cas dans MILICE PRIVEE (1976) de George Armitage, LA TRAHISON SE PAIE CASH (1975) de Phil Karlson ou bien encore LA VENGEANCE AUX TRIPES (1976) de Jack Starrett.
Dans ORDURE DE FLIC (1976) de Burt Kennedy, le shérif consciencieux cède à ses pulsions violentes et commet l’irréparable. Adapté avec panache du roman de Jim Thompson LE DEMON DANS MA PEAU, ce film d’une froideur et d’une brutalité rare stigmatise les tares rurales. 

LA LOI DE LA HAINE

CARNAGE (1972) pervertit les bases du polar rural. Gene Hackman y incarne un redoutable Chef de gangs bouseux qui renvoie les hommes du milieu de Chicago sous forme de saucisses. La ville envoie Lee Marvin pour résoudre ce problème. Cette réussite est totale de la part d’un cinéaste qui a compris la portée des antagonismes entre les truands des grandes cités, respectueux de la hiérarchie, et les malfrats ruraux, véritables monstres de cruauté qui ne connaissent que la loi du talion.
Dans l’Amérique profonde, les tueurs ne sont cependant pas toujours antipathiques comme le paisible fermier de SELF DEFENSE (1976) de John Trent. Poussant la violence visuelle très loin, le cinéaste livre un plaidoyer pour l’autodéfense et la justice personnelle en milieu rural. Avec LES INCONNUS DANS LA VILLE (1955) Richard Fleischer présente une paisible cité minière qui sombre dans la violence avec l’arrivée de trois tueurs. Même les plus pacifistes, la communauté Amish, participent à la restauration de l’équilibre naturel du village.

Une problématique reprise par Carl Franklin dans l’intéressant UN FAUX MOUVEMENT, Grand Prix au festival du film policier de Cognac en 1993, où le shérif affrontait de dangereux tueurs venus de la ville.

Inversement dans UN HOMME EST PASSE (1954) de John Sturges, c’est l’arrivée de Spencer Tracy dans une petite ville de l’ouest qui va bouleverser l’ordre communautaire. Son enquête pour élucider un meurtre va créer un climat de violence et d’agressivité à son égard. La petite ville perdue devient le lieu de lourds secrets gardés par tous les citoyens, un peu comme si un lien unissait ses habitants.