8 millions de façons de mourir

Résumé :

Le titre du roman de Lawrence Block dont Hal Ashby a tiré un film en 1986 pourrait servir de base à la description du film policier dans les années 80. Les premières années possèdent encore le charme des années 70 et une fascination pour la brutalité comme solution aux problèmes.

En 1980, John Cassavetes réalise son chef d’oeuvre du film noir avec GLORIA, cet ultime hommage aux classiques du polar sera le chant du cygne des films de gangsters qui ne retrouvera sa magie qu’à de rares occasions comme IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE (1983) de Sergio Leone, SCARFACE (1983) de Brian de Palma, COTTON CLUB (1984) de Francis Ford Coppola, LES INCORRUPTIBLES (1987) et MILLER’S CROSSING (1989) des Frères Coen. Les années 80 amènent deux nouvelles formes de criminalité urbaine, la première est sauvage et organisée en bandes et la seconde utilise les techniques modernes et l’argent comme moyen de pression. Les méthodes policières vont s’adapter à ces deux mondes.
Le britannique John Mackenzie analyse avec justesse et efficacité la situation du milieu à cette époque dans son chef d’oeuvre DU SANG SUR LA TAMISE (1980).Walter Hill dans 48 HEURES (1982) (Grand prix au festival de Cognac en 1983) associe un flic coriace à un petit truand roublard pour capturer de dangereux tueurs en cavale et par la même lance la mode du « Buddymovie » (film tournant autour d’un duo de comédien) qui fera le succès de la série des ARME FATALE. En France, Jean-Jacques Beinex adapte un roman de Delacorta et réalise un polar teinté de romantisme au style visuel étonnant, le dorénavant culte : DIVA (1981). La même année Claude Miller adapte le roman de John Wainright « A table » et réalise un chef d’oeuvre à ce jour indémodable GARDE A VUE.
Peu après, le cinéaste Bob Swain triomphe avec LA BALANCE (César du meilleur film en 1982) et transforme Paris en lieu de luttes violentes entre policiers et truands. En 1984, Yves Boisset rend hommage au cinéma américain et réalise le surprenant CANICULE avec Lee Marvin.