Une nouvelle vague de cinéaste va transformer le film policier pour l’imprégner des codes visuels des années 80 issus de la publicité et du vidéo-clip. Certains deviendront de grands cinéastes.
BLOOD SIMPLE (1984) marque la découverte du talent des Frères Coen pour créer des ambiances glauques et stylisées qui sera confirmé avec la réussite qu’est FARGO (1996). Luc Besson surprend avec SUBWAY (1985) et devient le cinéaste adulé de toute une génération. En Angleterre, Neil Jordan signe un pur joyau avec Bo Hoskins et Michael Caine, MONA LISA (1986) est un plaisir pour les amateurs de série noire. Aux USA, William Friedkin crée la surprise avec POLICE FEDERALE, LOS ANGELES (1985) où le faux monnayeur interprété par Willem Dafoe fascine beaucoup plus que les policiers qui tentent de l’arrêter. Une fascination qui entoure le tueur sans pitié de THE HITCHER (1985) de Robert Harmon, grand prix du Festival de Cognac, interprété avec brio par Rutger Hauer. James Woods et Brian Dennehy forment le duo surprenant de l’excellent thriller du vétéran John Flynn PACTE AVEC UN TUEUR (1987) écrit par le prolifique Larry Cohen ( la série « les envahisseurs » et plus récemment « Phone game ». L’allemand Dominik Graf remet au goût du jour le polar allemand avec DIE KATZE (grand prix du Festival de Cognac en 1988) où le siège d’une banque tourne mal permettant au public français de découvrir l’actrice allemande Gudrun landgrebe.
En 1985, Michael Cimino crée la surprise avec le superbe L’ANNEE DU DRAGON, fresque violente sur fond de lutte avec la mafia sino-américaine qui retrouve le souffle des grandes productions des studios mais le public ne suit pas.
Le seul cinéaste qui trouvera sa consécration au sein des golden eighties est Abel Ferrara. Cinéaste new-yorkais dont chacun des films est une éloge à la cité et à ses excès. De MS 45 (1981), NEW-YORK 2 HEURES DU MATIN (1984), CHINA GIRL (1987) et surtout son chef d’oeuvre KING OF NEW-YORK (1989), l’aliénation urbaine conduit à la violence comme catharsis de toutes les frustrations sociales, sexuelles et voir même religieuses. Pour Ferrara, l’individu ne peut s’accomplir qu’au sein de la cité et par la violence.
Malgré une production relativement importante le genre se cherche et manque de créativité propice à susciter l’engouement du public, alors abreuvé de séries télévisées policières et de films de studios formatés pour le grand public. Les années 80 ne verront pas la création de grand mouvement autour du polar et il faudra attendre le début des années 90 pour qu’apparaissent les nouveaux talents.