L'éventreur, bouc émissaire ?

Résumé :

Si nos convictions personnelles nous poussent à exclure un certain type de profession, une classe de la société, une quelconque race ou religion, alors nous découvrirons probablement un candidat correspondant à nos convictions parmi les suspects.

La véritable histoire de Jack l’Eventreur ne concerne en rien le duc de Clarence, le petit-fils de la reine Victoria, les francs-maçons, un champion de cricket suicidé, un chirurgien de la cour d’Angleterre ni aucun juif errant, mais bien un monde de miséreux s’entassant dans les ruelles sordides de l’East End londonien, où cinq femmes terminèrent leur existence abjecte dans des tombes à jamais silencieuses.

Quelle que soit l’identité de l’assassin de Whitechapel, il est certain qu’il ne peut pas être le personnage créé par la presse, la police et la société victorienne, auquel ils donnèrent le surnom de Jack l’Eventreur.

Ce mystérieux meurtrier est une absence, une case vide dans les archives de la police, tel un roman d’énigme dont on aurait arraché les dernières pages.
Ce sentiment est merveilleusement exprimé par une anecdote du policier Donald Rumbelow dans son “The Complete Jack the Ripper” :“Quand viendra le jour du Jugement dernier, où toutes choses seront connues, et que moi et les autres générations de ripperologues demanderont à Jack l’Eventreur de s’avancer en déclinant sa véritable identité, nous nous regarderons tous, l’air complètement abasourdi et étonné, en nous exclamant : “Qui ça ? Lui ?”

Stéphane Bourgoin