DJ's (10)

Résumé :

La house est née à Chicago, dans les années 80, sous l’impulsion du DJ Frankie Knuckles. Celui-ci se distingue dès 1978 dans le club gay le Warehouse, (à l’origine du terme « house ») où il fait danser les clubbers sur un style mêlant disco underground, Funk et Soul.
Il généralise dans ses mixes l’utilisation de la boîte à rythmes Roland TR 909 (reconnue à partir de 1980 comme la boîte à rythme idéale par les producteurs de musique de danse), qui lui permet de maintenir la cadence par des pulsations très mécaniques préenregistrées, auxquelles il ajoute des mélodies très minimalistes. Knuckles n’est pas un fanatique de sons électroniques, mais quand il les mixe avec ses disques favoris de funk, disco et soul, dans l’ambiance explosive de son club (rebaptisé entre temps « Le House » tout court), c’est le délire ! On raconte que certains night-clubbers se mirent d’ailleurs à harceler leurs disquaires pour trouver cette « house music » qui ne ressemblait à aucune autre. Peine perdue, avant 1985, la house n’existe qu’entre les mains d’une poignée de DJs américains : Knuckles bien sûr, mais aussi Marshall Jefferson, Ron Hardy, Tony Humphries…

Si la house a explosé dans les années 80, c’est que les DJs se sont affranchis des étiquettes (artiste, musicien, DJ, technicien) pour tirer tout ce qu’ils pouvaient du matériel et des disques qui leur passaient entre les mains. Plus question d’attendre la fin d’un morceau pour enchaîner le suivant. Leur caisse de disques est une matière musicale qu’ils travaillent un peu comme un peintre sa palette, en mélangeant, en étalant et en superposant les rythmes et les sons pour créer de nouvelles compositions.
Avec la démocratisation des instruments électroniques, ils purent bientôt ajouter une boîte à rythmes, un synthétiseur, un sampler (appareil qui permet d’enregistrer des séquences sonores dans un format numérique, et ensuite de les reproduire, les modifier, les mettre en boucle), à leur équipement de base. Les DJs allaient même jusqu’à se prêter les magnétophones et surtout les boîtes à rythmes, enrichies des trouvailles de chacun. Une même machine servait donc à plusieurs DJs, et c’est ainsi que, les rythmiques circulant, se créa l’identité sonore de la house.