Sélection Analytique Video - Janvier 2026 - Reprendre pied
Reprendre pied - Sélection analytique vidéo - Janvier 2026
Une sélection de films qui explore les reprises fragiles, les doutes persistants et les récits de transmission, où le cinéma accompagne les débuts incertains et les chemins à réinventer.
Janvier 2026 - Reprendre pied
Janvier s’ouvre sur des récits de repositionnement, de doutes féconds et de chemins à réinventer. La sélection analytique vidéo explore des films où les personnages avancent sans certitude, oscillant entre fragilité, lucidité et désir de continuer. Qu’il s’agisse de drames sociaux, de comédies à contretemps, de récits d’apprentissage ou de grandes trajectoires historiques, chaque œuvre interroge ce moment particulier où l’on cherche à retrouver une place, un sens, une direction.
Un mois où le cinéma ne promet pas de réponses toutes faites, mais accompagne les mouvements intérieurs, les hésitations et les élans discrets qui dessinent de nouveaux départs.
Refaire surface
Janvier ouvre des récits de reprise, de reconstruction et de tentatives maladroites pour aller de l’avant. Classe moyenne, Connemara et In the Summers racontent des personnages qui avancent sans certitude, portés par l’envie de retrouver un équilibre, même fragile. Chroniques d’Haïfa et Left Handed Girl déplacent ce mouvement vers d’autres territoires, où refaire surface signifie aussi apprendre à cohabiter, à se définir face à l’autre. Ces films ne parlent pas de renaissance spectaculaire, mais de petits déplacements intérieurs, de gestes modestes, parfois silencieux, qui changent pourtant tout.
Un axe où le cinéma capte l’instant précis où l’on décide de continuer malgré tout.
Quand le doute s’installe
Ici, le récit se construit sur l’instabilité. Brief History of a Family, Roofman et The Last Refuge installent un malaise progressif, où les certitudes se fissurent sans bruit. It Feeds et Together déplacent ce trouble vers des formes plus physiques, presque organiques, tandis que Tourmentés enferme ses personnages dans une spirale mentale oppressante. Ce sont des films qui travaillent le doute comme une matière, laissant le spectateur dans un état de veille permanente, sans résolution immédiate.
Des œuvres qui rappellent que le plus inquiétant n’est pas ce qui explose, mais ce qui s’infiltre.
L’humour comme masque
Le rire de janvier est rarement franc. Dans Libre échange, Sam fait plus rire ou L’Homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme, l’humour sert à masquer la gêne, l’échec ou la peur du vide. Une place pour Pierrot et Fils de prolongent cette veine douce-amère, où l’autodérision devient un moyen de tenir debout. Même Classe moyenne, sous son vernis ironique, glisse vers une satire désenchantée. Ces comédies utilisent le sourire comme un paravent, derrière lequel se jouent des choses bien plus profondes.
Des films qui montrent que l’on rit souvent là où ça vacille.
Grandir, encore
Janvier met aussi en avant des récits de passage, où l’enfance et la jeunesse ne sont pas des états figés mais des territoires à traverser. Renard et Lapine sauvent la forêt et Detective Conan : l’étoile à un million de dollars célèbrent l’aventure et l’intelligence collective. Roi Soleil et Une place pour Pierrot interrogent la construction de soi sous le regard des autres. Même A Big Bold Beautiful Journey s’inscrit dans cette dynamique d’apprentissage, où le voyage devient une école du monde.
Un axe qui rappelle que grandir ne s’arrête jamais vraiment.
Les récits qui dépassent l’individu
Cet axe rassemble des films qui s’inscrivent dans le temps long, la légende, l’Histoire ou la quête intérieure, et qui déplacent le regard au-delà de l’expérience individuelle. Le Comte de Monte Cristo incarne la puissance du récit fondateur, où la vengeance devient une manière de reprendre prise sur le destin. Rembrandt interroge la création artistique face à la solitude, au doute et à l’héritage laissé aux générations futures. Sirat explore la foi, la transmission et la croyance comme forces structurantes, tandis que The Convert : aux confins du monde confronte l’élan spirituel à la brutalité du réel et aux logiques de domination. Roi Soleil prolonge cette réflexion sur la construction d’une figure publique, entre mythe, pouvoir et regard collectif.
Un axe où le cinéma affirme sa capacité à raconter des destins qui nous dépassent, et à inscrire les parcours humains dans une histoire plus vaste.
En conclusion...
En ouvrant l’année sur ces histoires de passages, de masques et de transmissions, la sélection invite à penser le cinéma comme un espace de réajustement, où l’on apprend à reprendre pied, à déplacer son regard, et parfois à inventer de nouveaux départs.
???? Un ensemble qui affirme que, même dans l’incertitude, les récits restent des points d’appui essentiels pour avancer.
